INITIATIVE FRANÇAISE POUR LES RÉCIFS CORALLIENS

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Utopian et l’état écologique des récifs coralliens de La Réunion

Les résultats de l’objectif 1 du programme UTOPIAN, qui visait à cartographier l’état écologique des récifs de La Réunion ont été produits dans 3 rapports (source Marex, avec le soutien financier de l’Ifrecor) :

– Rapport d’activité UTOPIAN 2021-2022 (à lire pour le contexte de Saint-Pierre – Terre-Sainte)

– Rapport d’activité UTOPIAN 2022-2023 (à lire pour l’état de santé des platiers récifaux et des indicateurs d’état de santé proposés)

– Rapport d’activité UTOPIAN  2023-2024 (à lire pour l’état écologique des récifs coralliens de La Réunion)

Les résultats fournis par ces rapports livrent un constat alarmant sur l’état écologique des récifs de La Réunion. Pour n’en citer qu’un : sur l’ensemble des substrats durs récifaux, des platiers jusqu’à 15m de profondeur, seuls 18 % sont recouverts par les Scléractiniaires (coraux durs, constructeurs de récifs), avec une représentation relative du genre Acropora (genre corallien prédominant sur un récif en bonne santé) au sein du peuplement corallien de 15 %. Si l’on compare ce résultat aux données fournies par la littérature, il apparaît qu’une perte d’environ 50 % de couverture corallienne a eu lieu au cours des 40 dernières années (Faure, 1982), perte accélérée depuis 1998, en conséquence de certaines pratiques toujours en œuvre sur les bassins versants et du changement climatique (épisodes de blanchissement corallien).

Cette étude, réalisée jusqu’au récif de Grande Anse, situé au-delà des réseaux de surveillance actuels, a révélé la présence de milieux encore préservés, fournissant un état de référence pour les récifs de La Réunion en 2023, avec de fortes couvertures coralliennes (> 50 %) en bonne santé. De très beaux reliquats de platiers persistent également sur les récifs de La Saline Sud (face au centre Jacques Tessier) et de Saint-Pierre – Terre Sainte, témoignant, pour certains, d’une capacité de résilience encore active. Pourtant, les stigmates de coulées de boue, de buses de rejets d’eaux pluviales et usées, d’endiguements et de détournements de ravines, d’assainissements défaillants d’infrastructures hôtelières, du piétinement des coraux et d’une pêche et chasse formelles et informelles dominent le paysage de Cap Champagne à Saint-Pierre.

Comme révélé également par les résultats du suivi de l’effet réserve (2023), seules les zones de protection forte (ZPR et ZPI) de la RNMR tendent à limiter cette tendance et participent au maintien des mécanismes de régulation de l’écosystème, nécessaires à sa résistance aux changements locaux comme globaux. Pour les peuplements de poissons, nous avons estimé des densités de prédateurs ciblés par la pêche plus de 3 fois supérieures en zones de protection forte (ZPR et ZPI) qu’en zones situées hors réserve. Mais les effets bénéfiques des zones de protection forte ne se limitent pas aux poissons : pris indépendamment les uns des autres, les complexes récifaux montrent en moyenne des peuplements coralliens en meilleur état écologique dans les zones de protection forte, possiblement en raison de peuplements herbivores plus nombreux et de plus grandes tailles.

Aujourd’hui et pour les 3 ans à venir, le projet UTOPIAN poursuit ses objectifs, notamment à travers la thèse de Léo Broudic qui a débuté en octobre 2023, en partie financée par l’Ifrecor avec 2 nouveaux objectifs :

Objectif 2 : hiérarchiser l’importance relative des pressions environnementales, naturelles et anthropiques,

Objectif 3 : accompagner les pouvoirs publics dans la planification territoriale pour une prise en considération des récifs coralliens à la hauteur de l’urgence climatique,

> Télécharger les rapports

Photo @Jean Pascal QUOD